Par TEAM Richbourse, le 08 Septembre 2026
47 sociétés cotées, 13 qui comptent vraiment : ce que le BRVM Composite ne vous dit pas
Depuis le début de l’année, le BRVM Composite a gagné près de 60 %. Une question simple mérite d’être posée : combien de sociétés ont réellement suivi ?
La réponse surprend la plupart des investisseurs. Et elle explique pourquoi Richbourse publie désormais un second indice, calculé autrement.
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I- Deux sociétés, un tiers de l’indice
Le BRVM Composite additionne la valeur en bourse de toutes les sociétés cotées. Chaque société y pèse en proportion de sa capitalisation : son cours multiplié par son nombre de titres.
C’est la méthode de tous les grands indices, et elle a une conséquence mécanique : les grandes sociétés comptent beaucoup, les petites presque pas.
À la BRVM, cette conséquence prend des proportions inhabituelles. Au 8 septembre 2026, sur 47 sociétés cotées :
- SONATEL pèse 18,5 % de l’indice, ORANGE CI 15,1 % — 33,6 % à elles deux ;
- les cinq premières sociétés en font la moitié (50,2 %) ;
- les dix premières, plus des deux tiers (67,7 %) ;
- à l’autre bout, les 23 sociétés les moins capitalisées pèsent ensemble 8,8 %.
Il existe une mesure pour résumer cette concentration : le nombre effectif de sociétés, c’est-à-dire le nombre de sociétés de poids égal qui produiraient la même concentration. Pour le BRVM Composite, ce nombre est de 13. L’indice compte 47 sociétés ; il se comporte comme s’il en contenait treize.
On pourrait penser qu’il suffit de ne compter que le flottant — la part des titres réellement en circulation — pour corriger le tir. Nous l’avons mesuré : cela ne change rien. Le nombre effectif passe de 12,9 à 13,0 — autrement dit il ne bouge pas. SONATEL y pèse même davantage, 21,4 % au lieu de 18,5 %, parce que son flottant est plus large que la moyenne.
II- Ce qu’une hausse de l’indice ne dit pas
Voici le point que presque personne ne vérifie.
Depuis le 31 décembre 2025, le BRVM Composite a progressé de 59,1 %, hors dividendes. Dans le même temps, SONATEL a gagné 50,1 % et ORANGE CI 49,2 %. Les deux poids lourds ont donc fait moins bien que l’indice qu’elles dominent.
Comment est-ce possible ? Parce que le reste de la cote a fait beaucoup mieux. La société moyenne a gagné 72,1 % sur la même période, et la société médiane — celle qui se trouve exactement au milieu du classement — 58,3 %. Cette année, la hausse est large : elle ne tient pas à deux noms, elle est partagée par la plupart des sociétés.
Mais l’inverse arrive aussi, et souvent. En 2024, l’indice avec dividendes réinvestis a gagné 38,5 %. La société moyenne, elle, n’a gagné que 21,5 %. Cette année-là, un investisseur qui lisait « +38 % » sur l’indice et détenait cinq ou six lignes choisies parmi les moins grosses a pu se demander pourquoi son portefeuille ne suivait pas. Il ne faisait rien de mal : l’indice racontait l’histoire de trois ou quatre sociétés.
C’est la limite d’un indice pondéré par la capitalisation sur un marché aussi concentré. Une hausse de l’indice ne dit pas que le marché monte. Elle dit que les grandes capitalisations montent — ce qui n’est pas la même chose.
III- Mettre les 47 sociétés sur un pied d’égalité
Pour répondre à la question « et les autres ? », il faut un indice qui traite chaque société de la même façon. C’est ce que fait l’Indice Richbourse Équipondéré.
Le principe tient en une phrase : chacune des 47 sociétés cotées y pèse 2,13 %, ni plus ni moins. SONATEL compte autant que la plus petite société de la cote. L’indice mesure alors la performance de la société moyenne, pas celle du franc moyen investi.
Quelques règles, arrêtées une fois pour toutes, garantissent que la mesure reste honnête :
- Les poids sont remis à égalité au début de chaque trimestre. Entre deux rééquilibrages, les sociétés qui montent pèsent naturellement un peu plus ; le rééquilibrage remet tout le monde au même niveau.
- Les dividendes sont réinvestis. Ce point n’est pas un détail. À poids égal, une petite société pèse quinze fois plus que dans le composite. Quand FILTISAC a détaché un dividende exceptionnel de 1 726 F sur une action à 2 185 F, le 26 septembre 2025, un indice de prix aurait affiché un krach qui n’en était pas un. Le dividende, réinvesti, neutralise ce décrochage. Le composite auquel nous comparons l’indice est donc lui aussi pris dividendes réinvestis.
- Les fractionnements et augmentations de capital sont neutralisés, comme sur tous les graphiques de cours du site.
- Une société nouvellement cotée entre au trimestre suivant, sur sa clôture du dernier jour du trimestre. Son introduction ne déforme pas la mesure. Bridge Bank Group Côte d’Ivoire, cotée le 24 septembre 2026, entrera ainsi le 1er octobre.
- L’indice part de 100 au 31 décembre 2009, comme le BRVM Composite avec dividendes que Richbourse calcule depuis 2010 — les montants de dividendes ne sont fiables qu’à partir de là. Même origine, mêmes périodes : les deux séries se comparent sans artifice. Seize années pleines, dont un marché baissier complet de 2017 à 2019 : c’est ce qui rend la mesure crédible.
IV- La largeur du marché : lire l’écart
Une fois les deux indices disponibles, la lecture utile n’est pas leur niveau. C’est l’écart entre les deux, mesuré en points sur une même période, dividendes réinvestis des deux côtés.
Quand l’indice à poids égal fait mieux que le composite, la hausse est large : la société moyenne progresse plus que les poids lourds. Quand c’est l’inverse, la hausse est étroite : elle est portée par quelques grandes valeurs, pendant que le reste de la cote suit moins bien.
Ce que cet écart a donné, année par année :
- 2010 : sociétés à poids égal +17,4 %, composite +29,5 % — écart −12,1 points ;
- 2011 : +9,5 % contre −5,5 % — écart +15,0 points ;
- 2012 : +47,2 % contre +30,8 % — écart +16,4 points ;
- 2013 : +81,3 % contre +48,1 % — écart +33,2 points, la grande année des petites valeurs ;
- 2014 : +22,1 % contre +16,8 % — écart +5,3 points ;
- 2015 : +40,7 % contre +22,7 % — écart +18,0 points ;
- 2016 : +2,1 % contre −0,1 % — écart +2,2 points ;
- 2017 : −24,9 % contre −12,6 % — écart −12,3 points, la baisse frappe d’abord les petites valeurs ;
- 2018 : −6,2 % contre −25,1 % — écart +18,9 points, puis ce sont les grandes qui décrochent ;
- 2019 : −8,4 % contre −1,3 % — écart −7,2 points ;
- 2020 : +6,7 % contre −2,1 % — écart +8,8 points ;
- 2021 : +140,9 % contre +49,0 % — écart +91,9 points, une hausse extraordinairement large ;
- 2022 : +5,4 % contre +7,9 % — écart −2,6 points ;
- 2023 : +4,7 % contre +14,0 % — écart −9,3 points, la hausse tenait aux grandes valeurs ;
- 2024 : +21,5 % contre +38,5 % — écart −17,0 points, encore plus étroit ;
- 2025 : +81,0 % contre +33,1 % — écart +47,9 points, le retour des petites et moyennes capitalisations ;
- 2026, au 8 septembre : +77,3 % contre +66,3 % — écart +11,0 points.
Onze années dans un sens, six dans l’autre. Mesuré sur douze mois glissants, séance par séance depuis 2010, l’écart a été négatif 28 % du temps. Il n’y a pas de camp qui gagne toujours. C’est précisément ce qui rend la mesure informative : elle change de signe, et le moment où elle le fait dit quelque chose du marché.
Vous pouvez la lire sur la période de votre choix, avec les trois indices côte à côte — poids égal, composite avec dividendes, et le composite officiel tel que la BRVM le publie, hors dividendes — sur la page Largeur du marché.
V- Ce que cela change pour votre portefeuille
Sur Richbourse, la rentabilité de votre portefeuille est comparée au BRVM Composite. C’est la référence naturelle, et elle reste affichée.
Mais regardez de quoi votre portefeuille est fait. Pour qu’il suive vraiment le composite, il faudrait qu’un tiers de votre argent soit placé sur SONATEL et ORANGE CI, la moitié sur les cinq premières capitalisations, et moins d’un dixième sur les vingt-trois plus petites réunies. Autrement dit, il faudrait choisir vos lignes en fonction de la taille des sociétés, et non de ce que vous pensez d’elles.
Ce n’est pas ainsi qu’on investit. Un portefeuille se construit d’ordinaire sur cinq, huit ou dix lignes, en montants voisins, retenues chacune pour ses qualités propres. Un tel portefeuille ressemble bien davantage à un indice à poids égal qu’à un indice pondéré par la capitalisation — et c’est à cette aune-là qu’il mérite d’être jugé.
C’est pourquoi l’Indice Richbourse Équipondéré apparaît désormais comme quatrième référence dans vos pages de rentabilité et vos bilans, à côté du composite officiel et du composite avec dividendes. Il ne remplace rien ; il ajoute la comparaison qui manquait.
La lecture devient plus fine. Un portefeuille qui bat le composite mais pas l’indice à poids égal, une année où la hausse est large, a surtout été porté par le marché. Un portefeuille qui bat l’indice à poids égal une année où celui-ci est en retard sur le composite a fait un vrai travail de sélection. Ce sont deux résultats différents, et un seul chiffre ne suffisait pas à les distinguer.
VI- Ce que cet indicateur n’est pas
Il faut le dire nettement, parce que la tentation existe.
L’écart de largeur est une mesure, pas une méthode de placement. Le fait que la société moyenne ait fait mieux que le composite en 2021, en 2025 et en 2026 ne dit rien de ce qu’elle fera l’an prochain — 2010, 2017, 2019, 2023 et 2024 sont là pour le rappeler. Un investisseur qui lirait dans ces chiffres une raison de préférer systématiquement les petites capitalisations aurait tiré de la mesure une conclusion qu’elle ne contient pas.
L’indice ne dit rien non plus de la qualité d’une société en particulier. Il traite toutes les sociétés à égalité, précisément parce qu’il ne cherche pas à les juger.
Ce qu’il permet, c’est de répondre à une question que le composite seul laisse sans réponse : quand l’indice monte, est-ce le marché qui monte, ou deux sociétés ? La réponse change selon les années. Désormais, vous pouvez la lire.
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