Le dilemme de l'investisseur particulier à la BRVM : Discipline de l'épargne ou accélération par le crédit ?

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kindaromuald    Général
20/05/26 - 17:50

La participation des investisseurs particuliers aux marchés financiers constitue un levier majeur de mobilisation de l’épargne longue et de dynamisation des pays en développement. Toutefois, au sein de la Zone Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), l’accès des ménages à l’investissement à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) se heurte structurellement à la faiblesse et à l’instabilité de leurs revenus. En 2024, selon les données de la Banque Mondiale (WDI, 2026), le revenu moyen annuel des populations de l’Union s’élevait à 699 259,172 francs CFA. Cette situation masque de fortes disparités allant de 360 870,2 francs CFA au Niger à 1 452 618,683 francs CFA en Côte d’Ivoire. À cette contrainte s'ajoute le poids prédominant du secteur informel, qui concentre près de 85 % de la population active de l’Union selon les données de la BCEAO. Cette configuration limite fortement la capacité d'épargne résiduelle et restreint les volumes de capitaux susceptibles d'être orientés vers les valeurs mobilières. Face à ces barrières économiques, un regain de débat émerge au sein de la communauté des investisseurs particuliers de l’Afrique de l’Ouest à propos des meilleures stratégies de mobilisation de l’épargne boursière. La littérature financière oppose traditionnellement trois grandes approches : l'investissement initial massif, l'investissement programmé (souvent adossé à la méthode du Dollar Cost Averaging ou DCA) et l'investissement à crédit visant à exploiter l'effet de levier financier. L’objectif de cet article est de comparer de manière empirique la performance de portefeuilles d’investisseurs particuliers de la BRVM qui utiliseraient soit l’investissement programmé, soit l’investissement à crédit sous différentes modalités de remboursement. Cliquez ici pour voir tout le contenu de l'article
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  ·  Commentaires (14)
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Dohkoff  20/05/26 - 17:50
C'est mieux d'utiliser les deux en complémentarité Dette/épargne programmée
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Abel27  21/05/26 - 13:23
Très bon article, mais je trouve que l'analyse un peu biaisé pour investisseur 2. On aurai dû supposé qu'il a un épargne qu'il n'utilise pas pour investir en bourse, ni pour payer son crédit et en tenir compte à la fin.
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Andre  21/05/26 - 20:17
Mr. Dohkoff, Votre article est d'un interet general dans la mesure il essaie de repondre a la problematique d'une faible participation des menages a la chose boursiere. Ayant pense au probleme, je trouve que les raisons evoquees sont loin de la timide participation du public a la bourse. Je dirai simplement que la bourse n'est pas rentree dans la culture ou dans les moeurs du public. Nos SGI n'aident pas non plus en la matiere. Car, ils ne font pas assez pour vulgariser leur trade/commerce. Au lieu que les SGI detachent leurs lieutenants a l'encontre des potentiels investisseurs, ils sont tous cloitres dans leur bureau et attendent que les investisseurs viennent a eux. N'aviez vous pas dit que le "system economique dans l'UEMOA est informel". Il faut que le SGI trouvent un truchement pour approcher les potentiels investisseurs de l'informel. Pourquoi resoudre le probleme de l'informel avec les outils du formel. Ainsi donc, votre theory selon laquelle un revenu moyen de 360.870 Franc freine la chose boursiere est inconsequente. Je trouve que qui veut investir en bourse pourra le faire meme s'il dispose d'un revenu moyen de 200.000 F l'investissement en bourse est grave selon que l'on est francophone ou anglophone. Est ce selon vous parce les anglophones, particulierement le Ghanen moyen est plus riche que son contrepart des pays de L'UEMOA? Cependant un fort pourcentage de la population ghaneenne participe a la bourse que nous, francophones. (Je vous reviendrai avec les statistiques en la matiere prochainement)
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A
Andre  25/05/26 - 00:25
@Dohkoff ESt ce Dohkoff dans la maison? Depuis deux ou trois jours, j'ai essaye de vous " provoquer" en vous portant la contradition. Ai-je totalement raison? Non!. Venez portez moi la contradiction. Approuvez oudesapprouvez ce que j'ai dit. C'est dans ca nous arrivons a un consensus et nous apprenons tous. C'est ainsi s'annime un site . Ceci ne s'applique pas seulement a Mr. Dohkoff. Et vous qui nous lisez, ajoutez votre grain de sel a la causerie- discussion.
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idossou  25/05/26 - 12:06
Bonjour @Andre L'article a plutôt été rédigé par @kindaromuald @kindaromi @Dohkoff l'avait simplement commenté
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kindaromuald  25/05/26 - 12:47
Bonjour @Abdel27, Merci pour avoir lu l'article. J'ai pas vraiment compris votre observation. Pourriez vous svp mieux le développer ?
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kindaromuald  25/05/26 - 12:55
Bonjour @Dohkoff, merci d'avoir lui l'article. C'est possible d'utiliser les deux mais je ne suis pas sur que ce soit optimal. Mais: 1) ca va allonger l'article, 2) Quel est l'interet de prendre un credit (pour avoir 10 millions aujourd'hui) et d'attendre pour l'investir chaque mois pendant 5 ans ? L'interet de la dette est d'avoir un effet de levier important maintenant.
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kindaromuald  25/05/26 - 13:08  · Mis à jour
Bonjour Mr @Andre, je vous remercie d'avoir lu et apporté votre commentaire. L'objectif de l'article n'est pas d'analyser les causes de la faible participation à l'investissement boursier dans l'UEMOA. L’objectif de cet article est de comparer de manière empirique la performance de portefeuilles d’investisseurs particuliers de la BRVM qui utiliseraient soit l’investissement programmé, soit l’investissement à crédit sous différentes modalités de remboursement. Pour analyser les freins à la culture boursiere dans l'UEMOA, je vous invite à lire l'étude que nous avons réalisée au profit de l'AMF-UMOA: https://www.amf-umoa.org/actuality-details?actualiteId=1000226 Je vous invite à le lire.
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profinetf  25/05/26 - 17:47
Si les SGI SGO permettaient facilement d'avoir des crédits lombards à taux faibles, ce serait un effet de levier imortant dans un contexte de bull market. Je suis d'accord avec cette analyse. pour l'instant j'hésite entre le S&P500 en passant par Interactive Broker et une SGO de la BRVM comme phoenix asset management ou SOAGA
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Dohkoff  26/05/26 - 22:18
Pourquoi je vois sur mon écran auteur Dohkoff, alors que je ne pas l'auteur de la publication 
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idossou  26/05/26 - 23:12
Bonsoir @Dohkoff,

Merci pour votre vigilance.

La plateforme Richbourse affichait par erreur, comme auteur du post sur le forum, la première personne ayant commenté l’article.

Ce dysfonctionnement vient d’être corrigé.

Encore merci pour votre retour.

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introspectus  28/05/26 - 13:01
Bonjour @kindaromuald

Excellent travail. Je pense que tout jeune investisseur s’est déjà posé cette question après avoir attrapé le “virus” de la BRVM. Donc votre article tombe vraiment à point.

Je trouve que l’intérêt principal du crédit réside justement dans le fait de sécuriser des prix à une date T. Imaginez quelqu’un qui aurait pris un crédit il y a quelques années pour acheter des lignes importantes comme SGBCI ou Coris… la satisfaction aujourd’hui serait énorme.

À l’inverse, quelqu’un qui aurait exécuté la même stratégie uniquement en DCA aurait certes lissé son prix d’achat, mais n’aurait probablement ni le même coût moyen, ni la même revalorisation, sans oublier les dividendes plus importants encaissés plus tôt, donc un effet composé plus puissant. C’est clairement une vraie stratégie patrimoniale.

Mais selon moi, elle fonctionne sous certaines conditions.

0. Avoir un CDI ou une garantie solide. Malheureusement, dans nos pays, les crédits particuliers sont principalement accordés aux personnes en CDI ou avec de fortes garanties. Cela peut donc être un frein pour les entrepreneurs ou les personnes du secteur informel.

1. Obtenir un crédit consommation avec un taux raisonnable. Dans l’article, sauf erreur de ma part, le taux retenu semble autour de 7%. Je ne sais pas dans quel pays l’exemple est pris, mais en Côte d’Ivoire, un taux préférentiel pour particulier tourne plutôt autour de 9,5% à 10% TTC (7,5% HT + assurances et frais). Et je parle déjà ici de conditions préférentielles via un accord employeur. Sinon, on peut facilement monter plus haut. Cela change fortement les calculs et le niveau de performance nécessaire pour battre le coût du crédit.

2. Par exemple, un crédit de 10M FCFA à environ 10% TTC représente une mensualité proche de 267 000 FCFA. En ajoutant souvent une épargne bloquée ou des garanties annexes, on peut rapidement arriver autour de 330 000 FCFA de prélèvements mensuels.

3. Cela pose donc la question essentielle de la soutenabilité. Avec un effort mensuel de ce niveau pendant 5 ans, il faut idéalement un revenu d’au moins 800K à 1M FCFA pour éviter d’être étranglé financièrement et risquer de casser la stratégie en revendant ses actions trop tôt.

4. Il y a donc une vraie équation à deux variables :

* prendre un montant suffisamment important pour que l’effet de levier ait du sens ;

* mais sans se mettre dans une situation financière étouffante pendant plusieurs années.

5. Ensuite, chacun doit analyser cela selon sa propre situation : marié ou non, parent ou non, en location ou vivant en famille… Même sans enfant aujourd’hui, beaucoup de choses peuvent changer en 1 à 3 ans.

6. Une fois la décision prise, l’idée serait probablement de prendre un crédit assez significatif pour accélérer la machine, tout en gardant une marge de sécurité. Le fait de conserver 10 à 20% du montant en épargne de précaution peut avoir du sens afin d’éviter de casser le système au moindre imprévu.

7. Au final, toute cette stratégie dépend surtout de notre capacité à battre durablement le coût du crédit. Il y a certainement des personnes plus expertes que moi sur le sujet, mais je pense que c’est possible et faisable. Dans mes simulations, il faudrait probablement viser autour de 15% annualisés sur 5 ans pour que l’opération soit vraiment intéressante.

Quand on voit que certains titres ont triplé ou doublé sur plusieurs années, on comprend qu’il existe un potentiel. Mais les performances passées ne garantissent évidemment rien pour l’avenir. Le vrai secret sera donc dans la sélection des titres et dans la construction d’un portefeuille recherchant non seulement la performance, mais aussi la stabilité et la qualité.

Je pense sincèrement que toute personne qui envisage cela doit bien mesurer les risques et les implications. Au-delà de l’investissement, c’est une opération qui engage sur plusieurs années et qui peut limiter certaines décisions futures. Mais bien exécutée, cela peut aussi contribuer à construire un très beau patrimoine.

Ceci reste simplement mon avis personnel et ne constitue pas une recommandation financière.

Merci encore pour cet excellent article.


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R
ryle  28/05/26 - 17:54
Très belle contribution @introspectus, sur l'article de @kindaromuald 


Je pense aussi que le vrai sujet n’est pas seulement de savoir si le crédit est “bon” ou “mauvais”, mais plutôt de savoir dans quelles conditions il devient raisonnable.

À la BRVM, l’effet de levier peut effectivement accélérer la construction patrimoniale, surtout lorsqu’il permet d’acheter tôt des actifs de qualité et de capter plus rapidement les dividendes. Mais il ne faut pas oublier que le crédit transforme aussi une stratégie d’investissement en engagement financier rigide.

Le risque principal, à mon avis, n’est donc pas uniquement la baisse temporaire du portefeuille. C’est surtout l’incapacité de l’investisseur à tenir la stratégie jusqu’au bout si les mensualités deviennent trop lourdes, ou si un imprévu personnel survient.


Pour moi, la bonne approche serait donc de raisonner en trois étapes :

- vérifier la soutenabilité réelle de la mensualité ;

- comparer le coût total du crédit au rendement espéré, sans hypothèse trop optimiste ;

- construire un portefeuille suffisamment diversifié et liquide pour ne pas dépendre d’un seul pari.


En résumé, le crédit peut être un accélérateur puissant, mais uniquement pour un investisseur déjà discipliné, avec des revenus stables, une marge de sécurité et une bonne capacité d’analyse. Sinon, l’épargne programmée reste probablement plus lente, mais beaucoup plus confortable psychologiquement.

Merci encore pour cet échange très enrichissant. C’est exactement le type de débat qui peut aider les investisseurs particuliers à mieux structurer leur réflexion.

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RYCHM  16/08/26 - 14:03
Très instructif. Merci ! 😉
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