Hausse de Coris Bank (CBI) : l'art de prendre ses bénéfices à la BRVM sans sacrifier ses dividendes

Par KINDA Romuald, le 11 Juin 2026



Hausse de Coris Bank (CBI) : l'art de prendre ses bénéfices à la BRVM sans sacrifier ses dividendes

Hausse de Coris Bank (CBI) : l'art de prendre ses bénéfices à la BRVM sans sacrifier ses dividendes

En quelques mois, le cours de Coris Banque International (CBI) a connu une hausse spectaculaire à la BRVM. En effet, entre le 2 janvier et le 29 mai 2026, l’action est passée de 10 845 à 21 560 francs CFA. Cela correspond à une progression fulgurante de 98,80 % en seulement cinq mois.

Face à cette plus-value soudaine, de nombreux investisseurs hésitent sur la stratégie à adopter. Pour les guider dans leur prise de décision, analysons un cas pratique et concret.

1 Le cas pratique

Imaginons qu’un investisseur détienne 100 actions CBI acquises à un coût moyen pondéré (CMP) de 14 000 FCFA :

  • Capital initial investi: 1 400 000 FCFA
  • Valeur actuelle du portefeuille : 2 156 000 FCFA (au cours du 29 mai 2026)
  • Plus-value latente : +756 000 FCFA

Trois options stratégiques s'offrent à l’investisseur : la vente totale, la vente partielle ou la conservation des titres.

2 Évaluation des options stratégiques

2.1 Option 1: La vente totale

Cette option, appelée « sécurisation maximale », consiste pour l’investisseur à liquider l’intégralité de sa position afin de matérialiser ses gains. Il encaissera la somme totale de 2 156 000 FCFA (capital + plus-value).

  • Quand la choisir ? Si l’investisseur a un besoin urgent de liquidités, ou identifie une meilleure opportunité d'investissement (arbitrage), ou encore estime que le titre a atteint son sommet historique.
  • Avantage : Sécurisation absolue des gains et libération totale du capital.
  • Inconvénient : Manque à gagner important si le cours continue de progresser.

2.2 Option 2 : La vente partielle

La vente partielle, appelée approche hybride, permet à l’investisseur d'encaisser une partie de la valeur du portefeuille tout en laissant le reste investi pour capter la croissance future. Deux sous-stratégies s'appliquent ici :

2.2.1 Sécurisation de la plus-value latente

L’investisseur vend le nombre d'actions nécessaire pour récupérer uniquement la plus-value de 756 000 FCFA.

  • En pratique : il vend environ 36 actions et encaissera la somme de 776 160 francs CFA.
  • Le reste en portefeuille : il conserve 64 actions qui continueront de fructifier et de générer des dividendes futurs.

2.2.2 Récupération du capital de départ

Dans ce cas, l’investisseur vend une partie de ses titres pour récupérer l'intégralité de sa mise initiale (1 400 000 FCFA), neutralisant ainsi le risque sur l’investissement de départ.

  • En pratique : il vend environ 64 actions et encaisse la somme de 1 379 840 FCFA.
  • Le reste en portefeuille : Il conserve 36 actions entièrement financées par le marché (plus-value pure), qui continueront à générer des dividendes.

2.3 Option 3 : La conservation des titres

L’investisseur décide de ne vendre aucune action car il est confiant dans la trajectoire de l'entreprise.

  • Quand la choisir ? Si la société affiche d'excellents fondamentaux, distribue des dividendes solides, et l’investisseur inscrit dans une stratégie de valorisation à long terme.
  • Avantage : plein effet des intérêts composés. Les dividendes perçus peuvent être réinvestis sur l’entreprise CBI ou sur d'autres lignes pour faire grossir le portefeuille.
  • Inconvénient : Exposition totale au risque de marché. Si le marché se retourne ou si l'entreprise traverse des difficultés, le titre peut subir une correction brutale et effacer votre plus-value.

3 Tendances : Qu'en pensent les investisseurs ?

Pour mesurer le sentiment du marché, la question suivante a été posée à des investisseurs de la BRVM ayant tous bénéficié d’une formation sur l’investissement à la Bourse de BRVM auprès de l’ Académie Des Investisseurs (ADI).

Supposons que vous soyez en plus-value sur CBI (ayant le portefeuille de l’investisseur 1 avec le coût moyen pondéré et la plus-value identique). Que ferez-vous ?

Le tableau ci-dessous présente les choix des répondants.

Plusieurs résultats émergent du tableau ci-dessus. D’abord, les résultats révèlent qu’environ 42,37% des investisseurs interrogés choisissent l’inaction/conservation du titre. Ils semblent avoir compris que CBI n'est pas un titre spéculatif mais un actif de rendement et de croissance. Vendre 100 % de sa ligne, c'est s'exclure du jeu et prendre le risque de ne jamais retrouver un point d'entrée aussi bas si le marché continue de monter. Ensuite, les approches prudentes de vente partielle (récupération du capital ou des gains) séduisent également une large part de l'échantillon (57,63 % ). Cela signifie que la majorité absolue des investisseurs enquêtés choisit de matérialiser une partie de leurs gains. C’est un signe qu’ils respectent la règle d’or des marchés selon laquelle « Prenez vos bénéfices sans jamais tuer la poule aux œufs d’or ». Enfin, le fait qu'aucune des personnes enquêtées ne choisisse de liquider totalement sa position est la preuve d'une grande confiance dans la valeur intrinsèque de CBI.

4 Conclusion

L'analyse de ce cas pratique met en lumière une réalité fondamentale de l’investissement boursier (BRVM) : la performance boursière ne se résume pas à l'art d'acheter au plus bas, mais réside surtout dans la discipline de gérer les hausses. La hausse fulgurante du cours de Coris Bank International (BCI) en seulement cinq mois a agi comme un révélateur comportemental. Loin de céder à l'euphorie spéculative d'une liquidation totale, les investisseurs formés par l’Académie Des Investisseurs (ADI) font preuve d'une rationalité remarquable. En se partageant massivement entre l'inaction stratégique (42,37%) et les approches hybrides de vente partielle (57,63%), ils démontrent une compréhension fine des mécanismes de création de richesse à long terme.

Ce comportement confirme que la formation est le meilleur garde-fou contre les biais émotionnels. Elle transforme le spéculateur d'opportunité en un investisseur averti, capable de sécuriser ses gains ou son capital initial sans jamais sacrifier son exposition aux dividendes futurs de ce fleuron de la finance burkinabè.

KINDA  Romuald

Titulaire d’un diplôme de doctorat en Économie au Centre d’Étude et de Recherche sur le Développement International (CERDI) à l’Université d’Auvergne (France), Pr KINDA S Romuald est Agrégé des Facultés d'Economie et de Gestion du CAMES. Il dispose d’une quinzaine d’années d’expérience professionnelles dans le domaine du développement international, de l’enseignement supérieur et de la recherche au niveau national et international. Actuellement enseignant chercheur et investisseur individuel à la BRVM, il est le promoteur de l’Académie Des Investisseurs (ADI). L’ADI est une structure chargée d’accompagner les personnes et les ménages à améliorer la gestion de leurs finances personnelles notamment à travers les formations à l'investissement à la bourse (BRVM).


ARTICLES CONNEXES


Vendre une action : quels motifs ont fait mieux que garder, sur dix ans de ...


8 COMMENTAIRES SUR CET ARTICLE


Voir toute la discussion autour de cet article


W
WantedPirate  12/06/26 - 01:25
Les fondamentaux demeurent très bons, surtout quand on observe les quantités reportées. Cela peut présager dans le moyen-long terme de dividendes exponentiels sinon exceptionnels. Quant à la côte, le cours est vraiment surévalué (je mets CORIS et NSIA en paire, comme des soeurs jumelles). Cela pourrait conduire à deux scénariis particulièrement alarmants : 1/ la surcapitalisation donnerait malgré des fondamentaux solides un dividende insatisfaisant pour les investisseurs, à supposer un contexte de bear-market ; 2/ nul ne présageant du futur, ce serait de la pure spéculation. Évidemment, ceux qui se sont positionnés très tôt et capitalisent lors de sideways-market ont véritablement le vent en poupe ; pour les autres, je dirais qu'ils sont au menu de la liquidité. Certainement, les stratégies diffèrent entre ceux qui chercheraient à revendre au plus haut - avec le risque de trop en vouloir - et ceux qui, justement, au regard des résultats, avouons le, très intéressants, auraient tout intérêt à épaissir leur portefeuille afin de se constituer un véritable "edge" sur ces valeurs. Question de perspective, mais prudence quand même... On verra comment réagira le marché dans les prochains jours. Toujours un plaisir de te lire ! 
J'aime

B
BEGO  12/06/26 - 15:54
Je me suis retrouvé dans la même situation avec l’action CIEC , dont l’action est passée de 3200 à plus de 5000 dans l’intervalle de quelques mois. Mon CM étant à 2600 , j’ai vendu une partie pour récupérer mon capital que j’ai investi sur une autre action.
J'aime

D
Djabi  21/06/26 - 11:09

Bonjour à tous,

@WantedPirate , c'est toujours un plaisir de confronter (et partager) nos points de vue ou analyses. Certains cas particuliers de valeurs nous en donne bien évidemment l'occasion.

Le cas de CORIS (qui passera tout doucement aux oubliettes) était bien sûr particulier ; notamment quand on prend en compte sa croissance plutôt très lente de ces récentes dernières années ; et les résultats des 2è et 3è trimestre 2025 qui étaient bien mitigés (de mémoire) me semble-t-il. Mais pour les investisseurs "dans l'âme" et qui n'ont pas de problème avec la prise de risque (sur une base raisonnée et à l'appui d'éléments d’analyse fondamentale), on pouvait y investir ou y entrer à ce moment là. Perso, j'y ai repris des positions dans un de mes portefeuilles en septembre 2025 avec un CMP de 9745 F au final. Autour du 18 mai 2026 (6 mois après) , j'en ai vendu en plusieurs fois, entre 20050 F et 20150 F. Même si je me doutais que ça allait poursuivre largement son ascension bien au-delà de sa valeur intrinsèque et aussi au vu de l'annonce d'un dividende de 900 F/action ; j'ai fait le choix de libérer pratiquement totalement mes positions sans attendre les dividendes. Je n'ai gardé qu'une seule action (CMP actuel = 9745 F) de manière à faciliter un meilleur lissage possible de mon CMP au moment de nouvelles prises de position de cette action. Personnellement, je crois en cette valeur car c'est une banque qui a largement prouvé sa résilience et elle agît sur le terrain pour progresser (sans trop de bla-bla) (avis personnel). Et je vais donc reprendre des positions plus tard. Bien évidemment, ne garder qu'une seule action et revendre tout le reste est une stratégie "extrême" qui ne m'est pas habituelle mais que j'assume totalement dans le cas de CORIS. Je suis content de l'avoir fait pour réinvestir dans la foulée.

Je crois d'ailleurs qu'à la dernière clôture, le cours de cette action au-delà de 22400 F a chuté de la valeur du dividende (900 F), me semble-t-il.


Il me semble que l'on va aller de plus en plus dans ce type de situation pour des valeurs solides et résilientes ; et que cela est aussi dû à de nouveaux comportements d'actionnaires. De la même façon, 2025 a été une année boursière particulière à la BRVM, me semble-t-il, mais pour d'autres raisons particulières que celles actuelles qui me semblent apparaître. Pour 2025, il faut se rappeler des cas (totalement différents de ceux dont on parle actuellement) de SAFCA ou ERIUM (Air Liquide) ou même le retour de SIEM en bourse, par exemple et le comportement (qu'on ne peut qualifier de négligeable) des investisseurs à ces moments-là. Le cas SAFCA (qui n'a d'ailleurs pas dit son dernier mot, c'est mon avis !) s'était d'ailleurs illustré une bonne partie de l'année boursière ; personnellement, j'avais dû faire pratiquement du 300% (comme de nombreux investisseurs) sur SAFCA, en 2025.

Pour revenir aux comportements actuels, j'ai l'impression avec le recul que les valeurs solides seront bien souvent surévaluées ; et cela au moins une certaine partie de l'année boursière. En reprenant l'historique de certaines valeurs plutôt solides (à mon sens), je fais aujourd'hui l'hypothèse (avec un peu de recul) que nous assisterons de plus en plus à une "surévaluation" de nombreuses valeurs solides. Dit autrement, peut-être ou probablement que les investisseurs très branchés sur l'analyse fondamentale (c'est clairement mon parti pris !) devront savoir s'adapter et prendre en compte l'évolution (apparente) de certains comportements boursiers qui ne sont peut-être pas marginaux.

Affaire à suivre :)) .


J'aime

D
Djabi  21/06/26 - 11:36

Bien joué @BEGO ,

CIEC est plutôt une "small caps". C'est en effet une valeur qui fait partie du secteur de l'énergie, qui est un secteur stratégique pour l'état et par ricochet, la région.

Perso, je n'ai pas eu cette performance. J'ai libéré partiellement et en plusieurs étapes; mes positions du CIEC. En règle générale, il y a certains types de valeurs dont je libère des positions (partiellement) dès que j'ai une plus-value de 24% (avec une certaine masse d'actions). Sur CIEC, j'ai dû faire du 25% et du 30%. Et réinvestissement dans la foulée.

J'ai aussi investi dans des FCTC de la CIE dans un de mes portefeuilles.

J'aime

W
WantedPirate  23/06/26 - 03:04
Eh ben dis donc, tu m'en apprends des choses quand même. Merci beaucoup ! En ce qui me concerne, je ne peux pas encore faire bouger mes positions sur CORIS ; liquider mes positions ne m'est pas suffisamment rentable, tandis que la CMP m'offre un bon rendement, avant la flambée de son cours. J'attends d'observer jusqu'où le titre sera en mesure de se corriger, et de se constituer un support, avant de songer à renforcer la position. Sa valeur intrinsèque est clairement surévaluée pour le moment. Certaines valeurs connaissent des hausses vraiment exponentielles, mais, au calcul, ça se présente quand même comme des gouffres à liquidité. Du coup, j'attends ... 
J'aime

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier